Le Général Tauzin répond au discours de Politique Étrangère du Président Macron

Par 5 septembre 2017Articles, blog, Communiqués

Mardi 5 septembre 2017

Monsieur le Président de la République,

Mardi 29 août, vous avez détaillé devant les ambassadeurs de France les principales orientations de votre politique étrangère. Au premier abord, on pourrait être presque satisfait. Enfin il semble que soit mis fin à la politique agressive, brouillonne et totalement inféodée à l’impérialisme américain de vos deux prédécesseurs. Enfin un président insiste sur le rôle moteur de la France dans la pacification du monde. Et vous mettez justement l’accent sur le nécessaire développement de l’Afrique.
Mais, à la réflexion, je trouve tout cela sans véritable fondations, sans envergure, sans vision d’avenir.
Je veux d’abord, Monsieur le Président de la République, vous remercier de nous parler de la vocation de la France! Il y a si longtemps qu’aucun de nos chefs d’Etat ne l’a fait…Mais c’est insuffisant. Il faut aussi rappeler trois principes fondamentaux de la vraie politique. 1er principe : la seule raison d’être de la politique, la seule légitimité d’un gouvernement, c’est d’oeuvrer sans cesse au bien commun national, européen et mondial, et de tout placer au service de l’homme et de son développement intégral. 2ème principe :  l’homme que la politique doit servir est créé par un dieu ou par la nature et cela seulement fonde son inaliénable dignité. 3Ème principe :  les biens communs français, européen et mondial, qu’il faut définir, ne peuvent pas être antagonistes si l’on veut vraiment oeuvrer à la paix du monde.

A une diplomatie fondée sur la vocation de la France il faut aussi de la cohérence. Comme une personne, la France ne peut être grande, remplir sa vocation et être le moteur de la paix du monde, que si elle est souveraine et indépendante. Cela suppose d’abord une identité nationale forte, ancrée dans l’histoire et la civilisation de notre pays, et sereinement vécue dans une sécurité et une justice intérieures réelles ; cela suppose aussi que la France sorte définitivement des vassalités dans lesquelles vos six prédécesseurs l’ont enfermée ; cela suppose une défense indépendante et à la hauteur des enjeux du 21ème siècle, qui sera très probablement un siècle de fer et de feu ; cela suppose enfin, pour notre époque, l’indépendance numérique, énergétique et alimentaire. La France est très loin, Monsieur le Président de la République, de remplir ces conditions.

Certes l’ennemi visible actuel est l’islamisme. Une volonté ferme et durable, un partenariat solide avec les Européens et les  Russes, la désignation de l’Arabie Séoudite comme le vrai fauteur de troubles, et des moyens suffisants, permettraient de le vaincre rapidement. Mais le plus grand défi français et européen pour le 21ème siècle entier est constitué par le différentiel démographique et économique entre l’Europe, Russie comprise, d’une part, et l’Afrique, le Proche et le Moyen Orient d’autre part. Un partenariat euro-russo-afro-oriental de très long terme pour pacifier et développer ces régions est aujourd’hui vital, au sens fort du terme. Si nous n’engageons pas rapidement ce partenariat, dont la France seule peut prendre l’initiative, nous serons acculés, dans moins de 20 ans, à choisir entre la disparition de la civilisation européenne sous des vagues migratoires incontrôlables, ou l’éradication de centaines de millions d’êtres humains pour survivre… au prix de notre honneur. Oui, Monsieur le Président de la République, il est politiquement et stratégiquement nécessaire de nommer l’ennemi, mais il ne faut pas se tromper d’ennemi!

Quant à l’Union Européenne actuelle, elle disparaîtra, car elle est construite aux forceps sur le « fric » seulement et contre la volonté des peuples européens. Oui, Monsieur le Président de la République, il faut un projet européen, car aucun pays d’Europe ne pourra affronter seul les grands défis du 21ème siècle, et pour redonner sa fécondité à notre civilisation, qui fut la plus merveilleuse matrice des progrès politiques, scientifiques, économiques et spirituels depuis 30 siècles. Pour cela, il est indispensable de redresser la natalité européenne, faute de quoi il n’y aura plus d’Européens à la fin du siècle. Il faut aussi  que tous les peuples européens reviennent s’abreuver au grand fleuve civilisationnel qu’ils ont en commun, et qui leur vient du judaïsme, de la Grèce et de la Rome antiques, et surtout du christianisme.  Il faut enfin fonder l’unité  sur les nations et seulement sur elles. Alors, l’Europe vivra, s’unira, s’épanouira, et elle remplira sa vocation au service de l’humanité. Il n’est pas besoin, pour cela, d’un ministère européen des finances… mais il faut redonner aux Européens le goût de vivre, d’aimer, de s’aimer, et cesser de les culpabiliser pour des fautes -vraies et supposées – commises par leurs ancêtres et non par les générations actuelles.

Telle est, Monsieur le Président de la République, la politique étrangère qu’il faut à la France.

Je vous prie, Monsieur le Président de la République, d’agréer l’expression de ma très haute considération, et vous assure de mon indéfectible dévouement à la France quinze fois centenaire, aux destinées de laquelle vous présidez aujourd’hui, pour cinq ans.

Général Didier Tauzin

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